Billet d’humeur #4 // A 18 ans, j’ai quitté ma province pour Paris

A 18 ans, j’ai quitté ma province bien décidée à conquérir Paris. Oh wait … Ça c’était ce dont je rêvais. La vérité est beaucoup moins glamour et si je vous la révèle, je devrais vous supprimer ensuite. Il m’en aura fallu du temps pour monter à Paris, du temps et des sacrifices. Même si enfant je m’voyais déjà en haut de l’affiche, conquérir la plus ville du monde se révèle être une mission quasi impossible. Impossible n’est pas Pauline. Je vous raconte ?

Paris et moi c’est une longue histoire.

Née à Issy Les Moulineaux en région parisienne, je déménage à la campagne à l’âge de 7 ans parce que mes parents veulent qu’on ait une belle maison. Aussi certaine que j’étais déjà une artiste à cet âge, j’étais aussi une citadine née. Faire du vélo dans le jardin ou construire des cabanes dans les arbres, très peu pour moi ! J’ai jamais aimé ça les champs de blé à perte de vue, le silence, l’absence de tout. J’ai toujours su qu’une fois grande, j’habiterai à Paris. Parce que le week end, mon père nous emmène à Paris pour sortir, aller au cinéma, faire du shopping, la ville des lumières m’attire. C’est déjà pour moi, la ville où tout est possible, où personne ne connaît ton histoire, où tu peux être qui tu veux et surtout celle que tu es vraiment.

L’hymne de nos campagnes

Paris fantasque qui me fait fantasmer. Je sais que dès qu’il m’en sera possible, je fuirai cet environnement dans lequel j’ai grandis pour Paris. A l’âge de 15 ans, je quitte ma famille pour l’internat du Lycée Silvia Monfort située dans l’agglomération de Chartres. Je choisis ce lycée parce qu’il propose l’Option Théâtre au Bac et je suis alors, la plus heureuse du monde. C’est à ce moment là que je vais rencontrer ma meilleure amie de toujours et mon premier amour. A 18 ans, parce que je suis amoureuse, je reste à Chartres qui est toujours aujourd’hui, une ville chère à mon coeur. Je tente la fac de Lettres Modernes d’Orléans en rêvant de passer le concours du Conservatoire d’Art Dramatique de la ville où Marion Cotillard a fait ses premiers pas. On me dit que la première option est la meilleure. Une année plus tard, mes résultats confirmeront que ce n’était pas la meilleure.

Je m’voyais déjà en haut de l’affiche

Je reviens à Chartres et m’inscris dans un BTS Communication à Paris. Commence alors les interminables allers-retours entre Chartres et Paris-Montparnasse. Là, je n’ai pas vraiment le choix et je ne vois que de Paris, Train-Métro-Boulot-Métro-Train-Boulot. Je suis prise dans le tourbillon de la vie et je ne profite de rien. Paris est un peu moins magique d’un seul coup. Ironie du sort : plus je suis à Paris, la ville qui représentait la possibilité de vivre mon rêve, plus je l’oublie. Pendant les années qui vont suivre, je ne vais parler à personne de mon envie de devenir comédienne. J’avance dans ma petite vie tranquillement, j’obtiens mon BTS Communication et je pars vivre une expérience de fille au pair à Barcelone. Je m’enfuis au bout de 4 jours seulement. 4 jours qui auront suffi aux parents pour me séquestrer dans leur villa de luxe mais ça, c’est encore une autre histoire. La fuite comme instinct de survie toujours et encore. A ce moment là, je n’ai pas d’autres choix que de rentrer à la campagne où j’accepte un CDI comme secrétaire d’auto-école (Hum What are you fucking doing Pauline ?). Je sais que je suis en train de me tirer une balle dans le pied mais j’accepte la situation parce que je rêve d’un peu de stabilité.

Etre Actrice, c’est avant tout faire l’apprentissage de sa liberté

Ce n’est que 3 ans plus tard que je viendrai habiter à Paris après avoir fait la rencontre d’un petit coeur prénommé Marie qui, après mon retour de Corse, m’offrira le gîte et le couvert dans son appartement de Porte d’Orléans. Bien plus qu’un lit, Marie m’offre ainsi l’opportunité de m’inscrire dans une école de théâtre. Elle fait de mon rêve, quelque chose de concret et m’encourage dès mon audition d’entrée au sein d’Acting International. Voilà ce que c’est la définition d’un petit coeur. Moment solennel : J’aimerai remercier au passage tous les petits coeurs qui m’ont tendu la main un jour pour m’offrir un toit sur la tête ou qui m’ont juste tendu la main d’ailleurs. Ils se reconnaîtront. Moment solennel fin.

Depuis l’âge de 18 ans, j’ai déménagé pas moins de 15 fois . Et ce qui est certain c’est que Paris n’a pas été la ville qui m’a fait renaître comme le dit Sacha Guitry. Celle qui a eu ce privilège s’appelle Calvi mais Paris est la ville qui a su repousser mes limites, rendre possible tous mes rêves et m’offrir la plus belle rencontre de ma vie à ce jour.

Merci Non Merci Paris

Alors Merci Paris. Merci même si parfois j’te déteste. Je déteste ta gueule triste du matin et ton rythme effréné. Je déteste tes groupes d’amis qui empêchent de s’en faire. Je déteste tes pintes trop cher et ton regard hautain. Je déteste tes trottoirs avec Georges et ses amis qui nous rappellent que la misère n’est pas seulement une notion vague à l’autre bout de la planète.

Merci Paris parce que malgré tout ça, je t’aime d’amour. Chez toi, je peux être ivre d’alcool, ivre d’amour, ivre de vie. Porter des mini-jupes. Flirter. Aimer. Tromper. Quitter. Revenir. Aimer à nouveau. Rire trop fort. Refaire le monde. Partager. M’engueuler. Me réconcilier. Profiter. Se souvenir. Danser jusqu’à rire. Prier le jour de ne jamais revenir. Crier « C’est ma chanson ». Danser comme Beyoncé. Chanter à tue-tête. Copiner avec le barman. Faire la fermeture. Rentrer à l’envers parce que marcher droit c’est triste. Rentrer seule, à deux, à trois. Et puis recommencer le soir d’après.

Merci Paris parce que grâce à toi, j’ai appris qu’être parisienne c’était avant tout être une femme libre et ça j’en avais toujours rêvé !

Aujourd’hui, on se quitte en images avec ce court-métrage auquel j’ai eu la chance de participer, signé par la très belle équipe de PARIS PARALLÈLES :

PARIS PARALLELES from Antoine Guibert on Vimeo.

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Crédits Photo : Solenne Jakovsky

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