Coup de coeur : ‘La Nuit Rebelle’, le nouveau film de Michel Léviant

Cette semaine, j’avais envie de vous proposer un contenu un peu différent en vous parlant de mon coup de coeur de la semaine. ‘La Nuit Rebelle’, un film, un réalisateur, une rencontre que j’ai faite il y a quelques jours et que je ne manquerai pas de vous raconter puisque l’histoire ne fait que commencer.
Pour l’heure, parlons de ces quatre gamines et de ce qu’elles ont dans le ventre. 

‘La Nuit Rebelle’, qu’est ce que ça raconte ?

Trois jeunes adolescentes découvrent que la fabrique de biscuits où leurs parents travaillent va bientôt être délocalisée en Roumanie. Armées d’un pistolet emprunté à un grand-père qui a fait de la Résistance, elles kidnappent la fille du patron, une gamine de leur âge, pour qu’elle les conduise jusqu’au bureau de son père. Elles veulent savoir si leurs parents sont sur la liste des ouvriers qui doivent se faire licencier. Dans la nuit du samedi au dimanche, elles s’introduisent dans l’usine déserte et se réfugient avec leur otage à l’intérieur d’une vaste remise remplie de cartons de biscuits. C’est là que tout va se jouer.

Moi adolescente, je regardais « 4 filles et un jean » alors qu’aujourd’hui, ça ressemble plutôt à « 4 filles et un flingue ». Dis comme ça, ça peut paraître flippant mais voilà ce que raconte vraiment le film. La société est en constante mutation et la crise économique que connait notamment les petites entreprises depuis quelques années, n’a épargné personne. Pas même les gamines qui à l’âge d’enfiler des perles et de se gaver de chips au paprika à l’heure du dîner, préfèrent prendre les armes pour défendre l’honneur et le travail de leurs parents. Loin de toute insouciance mais avec cette spontanéité folle qui caractérise l’adolescence, les 4 filles vont tout mettre en œuvre pour sauver leur monde avant qu’il ne s’écroule.

Cette bataille qui se déroule en huis clos pourrait être sombre et violente, c’est tout le contraire. Elle est violente par sa luminosité. Celle de ces quatre jeunes filles (Sofia LESAFRE, Elsa et Léa LEVIANT, Mona HACKEL) d’abord qui ne sont pas réellement comédiennes mais qui ont su trouver dans leur jeu, une justesse et une vérité percutante. Elles sont à la fois touchantes et drôles, tristement rayonnantes dans cette petite remise éclairée à la lumière industrielle. C’est pour moi le secret de ce film sans prétention qui par son rythme dynamique et ses dialogues très justement pensés, frappe avec force le spectateur qui le regarde.

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Entretien avec Michel Léviant

Comment vous est venue l’idée de tourner ce film ?

« Initialement, La Nuit Rebelle n’était pas destiné à devenir un film, » continue Michel Léviant. « Au départ, mes deux plus jeunes filles – douze et quatorze ans – et deux de leurs copines m’avaient demandé de leur donner des cours de théâtre. Tous les samedis, on se réunissait chez moi, pour le simple plaisir de s’amuser ensemble en inventant des histoires. Faute de dénicher une pièce de théâtre avec quatre rôles de gamines, on a décidé d’en écrire une nous-mêmes ».

Et après ?

« Je me suis dit qu’il valait en faire plutôt une captation, histoire qu’elles puissent garder plus tard un souvenir de cette belle aventure. En cours de route, des producteurs ont été séduits par mon scénario, et voilà que je me suis retrouvé à réaliser un vrai film ! »

Pourquoi un huis clos ?

« En faisant le pari d’un huis clos avec quatre fillettes, je savais qu’il me faudrait me contenter d’un budget modeste. Sinon, le temps de trouver le financement, mes jeunes comédiennes auraient grandi et j’aurais dû les remplacer ! La Nuit Rebelle s’est tourné dans l’urgence, dans une économie de court métrage, où la passion de chacun a heureusement compensé le manque de moyens. Au lieu de vivre cette urgence comme une limitation, j’en ai fait un atout. Elle traduit l’urgence des gamines dont je raconte l’histoire : elles savent qu’elles ont la nuit pour sauver le travail de leur parents, avant que les camions n’arrivent pour embarquer les machines. »

Il y a une grande jeunesse dans votre film et pas seulement parce que les comédiennes sont jeunes mais aussi par la façon de filmer.

« En 2007, j’avais écrit un long-métrage, Sous les Bombes, sur l’intervention israélienne au Liban, » me raconte Michel Léviant, « Primé dans desfestivals de cinéma un peu partout dans le monde, ce film a représenté le Liban aux Oscars. A Venise, on a eu le Prix des Droits de l’Homme, ce dont je ne suis pas peu fier. Mais j’ai été encore plus heureux qu’on ait aussi décroché le Prix du Jeune Cinéma, alors que je venais d’inaugurer ma carte Senior pour venir en train de Paris. C’est sans doute pour cette raison, alors que je vais gaillardement sur mes 70 ans, que j’ai eu envie de faire un film de jeune homme, comme si je sortais à peine d’une école de cinéma ».

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PROJECTIONS EXCEPTIONNELLES

Tourné dans des circonstances insolites pour un long métrage de cinéma, par de vieux passionnés qui jouent à redevenir des étudiants. -N’est-ce pas ça le secret du jeu de l’acteur ?- Jouer, pour de vrai. S’amuser et s’émerveiller à faire un nouveau film comme si on avait 20 ans et que c’était son premier ? C’est évidemment aussi pour sa démarche artistique et son humilité que j’ai aimé ce film.

Vous l’aurez compris, ce film est unique tant par son histoire que par sa conception. Il en est de même par conséquent, pour sa sortie en salles qui ne se fera pas dans les mêmes conditions que le dernier Ron Howard. Pour avoir la chance de le voir sur grand écran et je sais que plusieurs de mes amis cinéphiles seront intéressés, il faudra vous rendre au mythique cinéma Saint André Des Arts. La Nuit Rebelle y sera projeté tous les jours sauf mardi, du 14 au 26 décembre, ainsi que les mardis 3 et 10 janvier 2017.
Info à ne pas manquer : Chaque séance sera suivi d’un débat avec le réalisateur Michel Léviant.

Sans plus attendre, découvrez la bande-annonce de mon Coup de Cœur de la semaine :

To be continued … sur Facebook : La Nuit Rebelle

 

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