Après « Ce jour où … L’équipe de tournage m’a oublié », voici un nouvel épisode de la folle saga qui retrace les moments forts de mon quotidien. Dans « Ce jour où … J’ai écrit un film », je vous raconte comment je me suis retrouvée comme co-scénariste sur un projet de long-métrage.

D’ailleurs, le titre serait plus juste si j’écrivais : Ce jour où … on m’a proposé de corriger un scénario déjà écrit pour convaincre un distributeur mais … Petit 1 : Google m’aurait dit d’aller me faire voir aux pays des dictées de Bernard Pivot pour n’avoir pas su trouver un titre plus court. Petit 2 : C’est plus explicatif mais on comprend pas grand chose et enfin Petit 3 : Vous n’auriez sûrement jamais cliqué sur l’article pour le lire. Alors que là vous êtes en train de vous dire que soit cette nana est une grosse mytho, soit elle devient intéressante parce qu’elle fait enfin des trucs cool. Parce que oui c’est pas facile de devenir comédienne mais parfois la vie nous réserve de belles surprises et il m’arrive aussi de faire des trucs super cool !

Bon je vous raconte ?

Avertissement : Dans l’histoire qui va suivre, les prénoms des personnages ont volontairement été modifiés pour ne pas nuire à leur carrière.

Début décembre, je suis invitée à une lecture de scénario avec d’autres comédiens. Je sais pas trop en quoi ça consiste, il fait froid dehors, j’ai pas franchement envie d’y aller. En même temps c’est ça ou rester dans mon canapé à mater un épisode (ou cinq) de Modern Family. Comme je suis plutôt partisane du « J’ai rien à perdre, plutôt tout à y gagner », je me rends dans les bureaux du scénariste pour honorer notre rendez-vous. L’accueil est chaleureux. Je prends place autour d’une petite table carrée avec un café allongé pour me réchauffer. Je fais la connaissance des autres comédiens venus pour la même chose que moi et nous écoutons avec attention le pitch du scénariste que nous appellerons George.

George écrit actuellement un scénario de long-métrage pour le cinéma pour lequel plusieurs acteurs français ont déjà dit oui. Problème : l’actrice fétiche de George, le scénariste qui est aussi le réalisateur du film, ne veut pas du premier rôle parce que le scénario ne lui plait pas. Moi déjà dans ma tête, je me dis : « C’est qui cette bitch qui se prend pour Sharon Stone ? Je le prends moi le rôle ! », mais je continue d’écouter bien sagement. Après tout, c’est pas pour ça qu’on me demande mon avis !

L’auteur conscient des limites de son scénario et soucieux d’avoir la meilleure version possible de son travail, a accepté de le retravailler. Depuis, il organise régulièrement des lectures avec des comédiens vierges de son histoire et de ses modifications, afin d’affiner les derniers points du scénario. Notre mission si nous l’acceptons, c’est d’écouter George nous lire son script et scène après scène, nous en débattons : « C’est plutôt convaincant ici », « Pas très drôle cette vanne » ou encore « Il nous manque un truc ». Nous nous devons d’être le plus honnête possible et dans le détail.

Je me prends au jeu assez facilement. Il faut dire que je suis une ex-journaliste qui adore écrire et qui a fait des études de littérature moderne. (Qui s’en fout ?) Bref, ça m’éclate et je me surprends à jouer, improviser sur le texte et surtout à me l’approprier. La séance se termine et l’histoire aurait pu s’arrêter là, sur une jolie après-midi d’hiver aussi créative que réconfortante.

Intérieur Nuit – Dans le RER qui ramène Pauline chez elle, son téléphone sonne.

– « Allô Pauline, C’est George ! »

Il veut me remercier d’être venue, d’avoir échanger sur son travail et d’y avoir pris goût. Il ajoute qu’il m’a trouvé très juste et pertinente (Il m’a dit un tas d’autres trucs cool que je garde secret sinon les méchants diront qu’en faite je suis restée sur mon canapé ce jour-là). Anyway, il ne veut pas que l’histoire s’arrête là et veut qu’on continue de bosser ensemble. Il a besoin de mon regard neuf sur le scénario pour l’aider à le peaufiner une dernière fois avant la nouvelle présentation à l’actrice et au distributeur. « Quoi ? Moi ? Pauline ? » A priori, c’est bien de moi dont il s’agit même si j’essaie de le convaincre de changer d’avis.

Pauline : « Tu sais moi j’écris des billets d’humeur, pas des films »
George : « Pas grave, je vais t’apprendre parce que tu as un vrai don pour ça »

Depuis, nous nous sommes revus pour travailler. Des séances aussi épuisantes que passionnantes durant lesquelles j’ai donné vie aux scènes et aux personnages qui n’étaient vivants que dans l’imagination du scénariste jusqu’alors. Pendant plusieurs heures, j’ai joué seule tous les rôles du film pour chercher de nouvelles versions possibles, des interprétations différentes et aussi pour rendre les dialogues plus riches. Ce fut une expérience à la fois surréaliste et très excitante où j’ai compris que le stylo et l’imagination du scénariste n’étaient pas seuls maîtres du jeu. Avec George, j’ai commencé à apprendre à écrire de vrais scripts mais j’en ai encore plus appris sur mon jeu de comédienne. Le scénario du film est quant à lui, désormais prêt à voler de ses propres ailes. J’espère avoir l’occasion de vous donner plus de détails le jour où j’aurai l’immense plaisir de le voir prendre vie sur grand écran. D’ici là, n’ayez pas peur de repousser vos limites et de vous laisser surprendre par la vie !

Crédit Photo : Guillaume Dambreville